Rétrospective Agustin Bétancourt

Agustin
Bétancourt y Molina : un parcours d’ingénieur européen au XIXe siècle
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Film documentaire de Désirée Hernandez-Hormiga et Irina Gouzevitch.

Projection-débat,animée par Irina Gouzevitch le 11 juin 2007,  Salle de Conférence du Musée des Arts et Métiers,Paris.


 

  Désirée Hernandez-Hormiga.


 


Notre Société des élèves du Centre d’Histoire des Techniques (SeCDHT) a eu avec joie la primeur, le 11 juin dernier, de la projection du film documentaire historique, présentant sous la forme d’un road-movie, le parcours d’Agustin Bétancourt y Molina, ingénieur européen au XIXème siècle : des Iles Canaries où il naquit en 1758, à la France où il fut envoyé en mission officielle par la couronne espagnole (1784-1788), en Angleterre (1788, puis 1793-96) tissant des liens avec les ingénieurs et mécaniciens anglais, puis en France avec Breguet s’illustrant par l’invention de la télégraphie optique (1797 ; 1807-1808), et enfin en Russie, où il devait décéder en 1824 à Saint-Pétersbourg, après avoir fondé
et dirigé le corps des Ingénieurs des Voies de Communication.

 

Ce film, toujours en construction, est le fruit des recherches conjuguées de la réalisatrice Désirée Hernandez-Hormiga, originaire de Las Palmas, aux Canaries,qui n’avait pu être présente en France lors de cette projection, et d’Irina et Dmitri Gouzevitch (Centre A. Koyré), historiens des techniques, russes d’origine, particulièrement réputés pour leur travaux sur l’histoire des ingénieurs aux XVIIIe et XIXe siècles et le transfert technique et la construction de l’état national en Russie.
Cette rencontre a été heureusement initiée par Liliane Hilaire-Pérez,maître de conférence au Centre d’Histoire des Techniques du Cnam, responsable de l’Axe Innovation et Savoirs Techniques.
  Le film a été projeté dans la très belle salle de conférence du Musée des Arts et Métiers devant un auditoire choisi et conquis, représentant des institutions telles que l’EHESS, l’Ecole Polytechnique, le Centre Alexandre Koyré, l’Ecole des Ponts et Chaussées, l’Ecole Centrale des Arts et Manufactures et bien évidemment les étudiants des Master et Bachelor du Centre d’Histoire des Techniques et de l’Environnement du Cnam, membres de notre SeCDHT, cette manifestation venant clore ainsi de belle manière une année universitaire riche de promesses pour chacun…

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Liliane
Hilaire-Pérez présentant Irina Gouzevitch
et le projet Bétancourt

Irina
et Désirée réunies à l’écran
à Paris …

Les
vues de Nizhnij Novgorod


L’intérêt était de montrer la construction du projet documentaire, les recherches historiques en archives et sur site dans les diverses capitales européennes où le parcours de cet ingénieur espagnol a pu être retrouvé: à Tenerife au doux climat, à Paris, à l’Ecole des Ponts et Chaussées et à l’Ecole Polytechnique, en Russie enfin, où les spectateurs découvraient les paysages de neige de Moscou à Saint-Pétersbourg sur les traces d’Agustin Bétancourt. Ces recherches ont ainsi permis d’appréhender la circulation des connaissances scientifiques et techniques en Europe et la médiation des hommes de sciences par une comparaison hispano-russe du cas de Bétancourt.


En effet, Bétancourt au travers de maintes inventions dans presque tous les domaines des techniques de l’époque (de la pompe hydraulique, à divers métiers à
rubans, à la pompe à feu…), par maintes publications scientifiques et initiatives industrielles ou de contrôle (manufactures ou expertise de machines pour le compte de la couronne espagnole), a démontré le sens de l’Etat tant en Espagne qu’en Russie, Bétancourt sachant également s’entourer des ” meilleurs artistes “, ainsi qu’il aimait à le dire. Les recherches ont permis de reconstituer le réseau de sociabilité à échelle internationale composé d’ingénieurs,d’inventeurs, de mécaniciens, d’entrepreneurs ou d’artisans, de diplomates ou fonctionnaires de haut rang, tant en France, qu’en Angleterre, en Espagne ou en Russie… Ainsi des
liens avec la Society for the Encouragement of Arts, Manufactures and Commerce, Matthew Boulton, probables avec James Watts … ont été décelés. Enfin Irina Gouzevitch devait insister sur la notion d’ ” expertise ” transversale à l’activité professionnelle de Bétancourt, valorisant autorité intellectuelle et compétences scientifiques et techniques à l’échelle de l’Etat, pour aboutir à la création de deux centres majeurs d’expertise en Russie…  Autant de pistes suivies, de fils déroulés entre Tenerife et Saint-Pétersbourg, par Désirée Hernandez-Hormiga et Irina Gouzévitch, qui proposent tour à tour au spectateur un Bétancourt, inventeur et entrepreneur, ingénieur d’Etat et fonctionnaire
… au destin marqué par une double dualité franco-britannique et hispano-russe.
 

  Irina  Gouzevitch signant le Livre d’Or de la SeCDHTE

 


Des  recherches sont encore à mener tant à Paris qu’à Londres. La SeCDHTE a ainsi proposé de participer au financement d’un prochain voyage de Désirée Hernandez-Hormiga en France, désirant prolonger par ce soutien cette belle aventure humaine, scientifique et historique. Par ailleurs, la SeCDHTE à proposer lors de l’Assemblée Générale du 11 septembre 2007 à Désirée Hernandez-Hormiga et Irina Gouzevitch de devenir Membres d’Honneur, eu égard à la qualité de leurs travaux et de la projection-débat proposée à ses membres le 11 juin 2007. C’est donc avec plaisir et honneur que nous les accueillerons prochainement parmi les nôtres et suivront les prochains développements de cette “aventure” Bétancourt…Martine MILLE
SeCDHTE, présidente

 

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